Les carburants de synthèse à base d’hydrogène renouvelable ou bas-carbone (e-fuels) seront le principal levier de décarbonation des transports aérien et maritime : les stocks durables de biomasse sont trop limités pour répondre à la majorité des besoins énergétiques de ces secteurs, y compris dans des scénarios de maîtrise voire réduction de la demande énergétique (grâce à une combinaison d’efficacité énergétique et de sobriété). Les consommations énergétiques restantes devront être adressées par des carburants de synthèse, ou rester carbonées.
C’est par ailleurs une chance industrielle pour la France, comme en témoigne notre cartographie de projets.

Dans ce cadre, les quotas d’incorporation croissante de carburants de synthèse constituent l’outil de politique publique le plus efficace pour donner de la prédictibilité aux industriels et lancer les investissements massifs dans l’infrastructure de production des e-fuels :

  • C’est chose faite sur l’aérien avec le règlement ReFuelEU Aviation, avec un sous-quota de kérosène de synthèse (eSAF). Sa révision prévue en 2027-2028 ne doit en aucun cas compromettre l’intégrité des quotas, mais au contraire renforcer le règlement en le dotant d’un volet international. Voir la proposition de France Hydrogène sur cet enjeu.
  • Sur le maritime, le vote à l’OMI mi-octobre sera décisif pour mettre le secteur sur une vraie trajectoire de décarbonation.

Les quotas sont l’outil incontournable, mais doivent être complétés par des mécanismes de dérisquage pour les premiers projets d’e-fuels. C’est tout l’objet du Sustainable Transport Investment Plan (STIP), dont la publication par la Commission est attendue cet automne. France Hydrogène a répondu à la consultation afférente, et affine en parallèle le design des mécanismes évoqués.