À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, France Hydrogène appelle à faire de la réindustrialisation et de la souveraineté énergétique des priorités nationales. La succession des crises géopolitiques et énergétiques a mis en évidence les fragilités d’un modèle économique encore largement dépendant des importations d’énergies fossiles et de produits industriels stratégiques.

Face à ce constat et à l’intensification de la concurrence internationale, l’association propose, dans son Livre Blanc, trois mesures structurantes pour le prochain quinquennat : une programmation industrielle de long terme, un choc d’investissement français et européen et un soutien renforcé à la souveraineté technologique. Une ambition qui dépasse la seule filière hydrogène pour contribuer à la refondation du modèle industriel et énergétique français.

Transformer nos dépendances en opportunités industrielles

Dans un contexte de concurrence internationale accrue, la transition énergétique représente une opportunité majeure : substituer à une partie de ces importations des productions industrielles françaises, créatrices de valeur et d’emplois dans les territoires.

Pour réussir cette transformation, la France dispose d’atouts considérables : une électricité nucléaire et renouvelable décarbonée, des ressources en biomasse, des compétences industrielles et des technologies développées sur son territoire.

Complémentaire de l’électrification directe et de la biomasse, l’hydrogène décarboné peut contribuer à valoriser ces ressources pour produire en France des biens aujourd’hui largement dépendants des énergies fossiles : acier, engrais, carburants de synthèse aériens et maritimes, produits chimiques ou encore mobilité lourde et/ou intensive.

Une trentaine de grands projets industriels reposant sur l’hydrogène sont aujourd’hui en développement en France, avec un potentiel de 20,5 milliards d’euros d’investissements privés.

Leur concrétisation permettrait notamment de produire chaque année :

  • 8,5 % de la consommation française d’engrais azotés ;

  • L’équivalent de la consommation de kérosène des armées françaises ;

  • 11 % de la consommation française de carburants maritimes ;

  • L’acier nécessaire à la fabrication de deux millions de voitures.

A date, l’ensemble des projets de la filière éviterait également 6,8 millions de tonnes de CO₂ par an, soit l’équivalent des émissions annuelles de quatre millions de voitures thermiques.

Ces perspectives illustrent le potentiel de réindustrialisation associé à la décarbonation de l’économie française. Mais leur concrétisation dépend de décisions structurantes : sécuriser les débouchés, donner de la visibilité aux investisseurs et accompagner la montée en puissance des technologies industrielles.

Trois propositions pour faire du prochain quinquennat celui de la souveraineté industrielle

Pour transformer ce potentiel en investissements productifs et en capacités industrielles durables, France Hydrogène appelle les candidats à l’élection présidentielle à s’engager sur trois priorités :

1. Adopter une programmation pluriannuelle de l’industrie souveraine et décarbonée

Donner aux industriels une visibilité de long terme sur les priorités de production nationale, les débouchés, les infrastructures et les compétences nécessaires. Cette programmation permettrait de coordonner les politiques industrielles et énergétiques, d’anticiper le développement des infrastructures de transport et de stockage d’énergie indispensables à l’approvisionnement des sites industriels et de sécuriser les conditions d’investissement dans les secteurs stratégiques.

2. Provoquer un choc massif d’investissement français et européen

Mobiliser davantage de capitaux vers les projets industriels stratégiques, notamment à travers la création d’un Fonds souverain de la transition productive, alimenté par une fraction de l’épargne des Français. France Hydrogène propose également de renforcer les mécanismes européens de financement, en particulier par la mobilisation anticipée des recettes du marché carbone et la réduction du coût du capital pour les projets souverains et décarbonés.

3. Accompagner la montée en puissance technologique de l’industrie française

Renforcer les liens entre recherche et industrie, soutenir l’industrialisation des innovations et protéger les technologies stratégiques. France Hydrogène propose notamment la création d’un contrat de souveraineté technologique, pour garantir que les innovations développées en France et en Europe puissent y créer durablement de la valeur industrielle.

Nicolas Brahy Président de France Hydrogène
On ne construit pas une industrie à l’échelle d’un quinquennat. Les choix que nous ferons dès 2027 engageront notre capacité à produire en France pour les vingt prochaines années. Nous avons une chance : celle de disposer d’une électricité décarbonée, de ressources énergétiques et de technologies, notamment hydrogène, développées sur notre territoire. À nous d’en faire un levier de réindustrialisation plutôt que de rester dépendants des importations.

L’hydrogène apporte sa contribution en permettant à l’électricité française décarbonée de remplacer le gaz naturel, le charbon et le pétrole importés pour nos raffineries, nos engrais, notre acier et le transport terrestre, aérien et maritime.  Mais pour cela, il faut donner aux industriels de la visibilité, des débouchés et les moyens d’investir. C’est maintenant que se joue notre souveraineté industrielle et énergétique.

Quelle France en 2034 ? Les choix industriels d’aujourd’hui détermineront notre résilience de demain

Pour illustrer les conséquences concrètes de ces choix, France Hydrogène propose dans son Livre Blanc un exercice prospectif original : deux scénarios d’une France confrontée, en 2034, à une nouvelle crise géopolitique majeure.

Deux trajectoires, deux avenirs possibles, qui illustrent les conséquences de nos choix industriels et énergétiques d’aujourd’hui sur la capacité de la France à faire face aux crises de demain.

Contact presse :  

Charlène Dinot : charlene.dinot@france-hydrogene.org / 06 46 47 06 95