Dans un entretien accordé au Parisien, la ministre déléguée chargée de l’Énergie, Maud Bregeon, a annoncé un nouvel appel d’offres de 1,2 milliard d’euros sur quinze ans pour développer l’hydrogène dans les industries stratégiques, dans le cadre du budget 2027. France Hydrogène salue cette nouvelle étape majeure pour accompagner la transformation de l’industrie française et conforter l’ambition de faire de la France « un champion européen de l’hydrogène industriel ».

En inscrivant pleinement l’hydrogène dans le Plan d’électrification, Maud Bregeon porte une vision stratégique de la valorisation de notre électricité bas-carbone. L’électrolyse permet de transformer une électricité qui pourrait être exportée comme simple commodité en produits industriels à haute valeur ajoutée fabriqués en France, et réduction de nos dépendances critiques : acier, engrais, chimie de base. 

Cette annonce prolonge la dynamique engagée cet été avec la désignation des trois premiers lauréats du mécanisme de soutien à la production d’hydrogène décarboné. Cette première tranche représente 161,4 MW de capacités d’électrolyse et un soutien public de 778 millions d’euros. 

L’hydrogène au service de notre souveraineté industrielle

Cette deuxième tranche doit désormais permettre à de nouveaux projets industriels de franchir le cap de la décision finale d’investissement, notamment dans la chimie et les engrais, en lien avec le Plan Souveraineté engrais. La focale mise par Maud Bregeon sur la sidérurgie est particulièrement stratégique. « Super-industrie » à l’amont de chaînes de valeur entières – automobile, construction, équipements énergétiques –, elle ne pourra décarboner sa production primaire (7% des émissions mondiales de CO2) sans hydrogène. Produire demain de l’acier décarboné en France est donc un enjeu de souveraineté pour l’ensemble de notre tissu industriel.

Les ambitions et les projets sont déjà là. La Stratégie nationale bas-carbone fixe un objectif de 6 millions de tonnes d’acier produit par réduction directe du minerai de fer en 2050. À Fos-sur-Mer, GravitHy prévoit à lui seul de produire 2 millions de tonnes de fer bas-carbone par an, dès le début des années 2030. Cette deuxième tranche – qui doit être confirmée dans le PLF 2027 – doit contribuer à transformer ces ambitions en capacités industrielles. Le 22 juillet dernier, aux côtés du ministre Martin, Maud Bregeon a donné une triple impulsion décisive pour que l’hydrogène apporte sa juste contribution au Plan d’électrification. Cette deuxième tranche du mécanisme de soutien concrétise le volet consacré à l’hydrogène industriel. La filière se tiendra aux côtés de la ministre pour concrétiser d’ici la fin de l’année l’ensemble de cette feuille de route, avec l’adoption de l’IRICC pour le raffinage, les carburants de synthèse maritimes et la mobilité routière, et le déploiement d’un mécanisme de dérisquage pour les carburants aériens de synthèse.

Nicolas Brahy Président France Hydrogène
Maud Bregeon a pleinement saisi l’enjeu : notre électricité bas-carbone doit aussi servir à produire en France les molécules et les matériaux dont notre industrie a besoin. L’hydrogène permet de transformer cet atout électrique en valeur industrielle, en emplois et en souveraineté. Nous saluons cette nouvelle impulsion, au service de secteurs stratégiques comme la chimie, les engrais et, tout particulièrement, la sidérurgie. Les projets sont prêts ; cette deuxième tranche doit maintenant leur permettre de franchir le cap de l’investissement et d’entrer en production.