Acier : position sur le projet de révision des normes CAFE
En cohérence avec le plan d’électrification européen, la réduction directe à base d’hydrogène (H₂-DRI) associée à la technologie des fours à arc électrique (EAF) émerge comme la voie technologique essentielle (aux côtés de la maximisation des ferrailles) pour que l’Europe conserve une production d’acier compétitive et souveraine à moyen et long terme. Une transition qui consisterait à remplacer les hauts fourneaux uniquement par des EAF, sans prévoir une production souveraine de DRI, reviendrait à faire de la transition écologique un facteur de délocalisation d’une part majeure de la chaîne de valeur de l’acier, et à renforcer nos dépendances stratégiques.
Les projets européens de H₂-DRI sont là. Ils répondent à des enjeux existentiels pour l’Union. Le cadre réglementaire européen doit enfin refléter l’impératif stratégique de cette voie de production, et la flexibilité acier prévue dans la révision des normes CAFE constitue en cela une opportunité unique.
Selon la manière dont cette flexibilité est dimensionnée et conçue, elle pourra armer la base sidérurgique européenne pour son réinvestissement et sa transformation, comme entretenir à court terme des rentes sur des actifs amortis tout en incitant à la délocalisation des nouveaux actifs. C’est dans ce cadre que France Hydrogène formule les recommandations suivantes sur le design de la flexibilité des normes CAFE :
- Recommandation n°1 : pour la part primaire, définir « l’acier vert » du marché pilote automobile comme DRI utilisant une part maximisée d’hydrogène renouvelable ou bas-carbone :
✓ Dans l’ESPR : descendre le plafond d’émissions pour éligibilité à la classe A, à 0,7tCO2/t acier fini (HRC).
✓ Dans le règlement CAFE : faire référence à la classification issue de l’ESPR et préciser que seule la classe d’émissions A est éligible au marché pilote.
- Recommandation n°2 : exiger la réalisation de l’étape de DRI en Europe pour la qualification d’acier « Made in EU » (article 7 de l’IAA).
- Recommandation n°3 : maintenir à 7% la flexibilité acier du marché pilote.
- Recommandation n°4 : avancer le marché pilote à 2030, avec une première flexibilité de 2%, montant progressivement à 7% en 2035.