Avec la publication de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE), France Hydrogène salue un cap clair pour la production d’énergies non-fossiles, mettant enfin un terme à l’opposition stérile entre nucléaire et renouvelables. 

Il convient désormais de sécuriser la demande. La filière salue ainsi la confirmation du plan d’électrification à venir. Le choc énergétique consécutif à la guerre en Ukraine a coûté 72 milliards d’euros au contribuable français – à ajouter aux 60 milliards d’euros d’énergies fossiles importées chaque année –, et des dégâts majeurs ont été causés au tissu industriel national. Demain n’attend pas : le plan d’électrification devra enfin armer notre souveraineté, sur les plans financier et réglementaire. 

L’électrification indirecte : chaînon indispensable pour la souveraineté énergétique, industrielle et alimentaire de la France 

Alors qu’elle dispose d’un très fort potentiel de production d’électricité nucléaire et renouvelable, la France risque de faire face à un excédent électrique, faute d’une stratégie d’électrification — directe, et indirecte via l’hydrogène — assez robuste pour substituer durablement les énergies fossiles importées.  

L’électrification indirecte est l’une des réponses clé à ce risque de surplus : avec 8 gigawatts d’électrolyse visés en 2035 dans la Stratégie hydrogène révisée d’avril 2025 (SNH2), la filière hydrogène peut transformer jusqu’à 60TWh d’électricité – soit deux tiers de l’excédent d’électricité record de 2025 – en valeur ajoutée industrielle, en emplois non délocalisables, en souveraineté énergétique et alimentaire. 

Les projets sont prêts : l’hydrogène renouvelable ou bas carbone pour alimenter nos raffineries, des engrais décarbonés pour s’affranchir du gaz importé, l’acier vert pour remplacer le charbon, des carburants propres pour l’aviation et le secteur maritime, ainsi que des carburants pour la mobilité intensive. 

Si la PPE réaffirme les objectifs de la Stratégie Nationale Hydrogène révisée, dans le détail, le compte n’y est pas 

France Hydrogène se félicite que la PPE réaffirme l’objectif de déployer 8 GW d’électrolyse en France à 2035. Néanmoins la décomposition des chiffres présentée dans le document induit une vision bien différente : une production et utilisation de 20TWh d’hydrogène décarboné à 2035 – plutôt que les 40TWh nécessaires -, soit le seuil bas de l’objectif de la Stratégie Nationale Hydrogène révisée. Une ambition largement insuffisante.  

Pour la France, retenir ce seuil consiste finalement à faire une croix sur notre sidérurgie primaire, poursuivre notre dépendance à des puissances hostiles pour les engrais, la base de notre souveraineté alimentaire, et ne pas se saisir du potentiel industriel majeur de structurer une filière de production de carburants aériens et maritimes de synthèse.  

Le plan d’électrification devra donc tendre vers le seuil haut de l’objectif de la Stratégie nationale hydrogène (40 TWh), et fixer un cadre réglementaire cohérent avec ses ambitions.  

Alors que l’année 2026 sera cruciale pour la concrétisation ou non du potentiel industriel de la filière hydrogène française, à deux mois de l’anniversaire de la SNH2, le compte n’y est pas.  

Appel à une action politique nationale et européenne forte et cohérente : les recommandations de France Hydrogène   

France Hydrogène appelle le gouvernement à mettre la production d’hydrogène par électrolyse au cœur du futur plan d’électrification des usages, à travers plusieurs mesures :  

  • Redimensionner le mécanisme IRICC, en cours de conception, en cohérence avec les objectifs de la Stratégie Nationale Hydrogène révisée pour le raffinage, la mobilité routière, les e-carburants maritimes.  
  • Dans le Projet de Loi de Finance 2027, mettre en place un mécanisme de sécurisation des revenus pour les producteurs d’e-SAF (carburants d’aviation durable), autofinancé par le secteur aérien – sans incidence pour les finances publiques.  
  • Enfin, pour l’industrie (sidérurgie, chimie) : ouvrir une nouvelle tranche d’appel d’offres sur l’ensemble des capacités restantes du mécanisme de soutien à la production (tel que prévu par la SNH2) et défendre la mise en place de marchés pilotes bas-carbone pour l’acier et les engrais au niveau européen. 

Nicolas Brahy Président de France Hydrogène
 Il a fallu trois ans pour fixer des objectifs non contraignants, nous n’avons que quelques mois pour nous donner les moyens de les atteindre. La France est proche de boucler le tour de table financier de projets vitaux pour sa souveraineté alimentaire, industrielle et énergétique… ou de les voir se délocaliser. Hydrogène, acier, chimie, mobilités décarbonées : l’horloge tourne, renouons avec l’ambition pionnière de la France

Contacts presse :

Charlène Dinot : charlene.dinot@france-hydrogene.org / 06 46 47 06 95