La déclaration franco-allemande publiée à la suite du Sommet du 22 janvier dessine une coopération renforcée sur l’hydrogène, devant notamment permettre de finaliser le cadre réglementaire européen.

Cette déclaration conjointe prévoit notamment l’élaboration d’une feuille de route commune sur l’hydrogène afin de « bâtir un marché européen de l’hydrogène résilient reposant sur la solidité de la production locale et la durabilité des importations nécessaires », soit une approche équilibrée entre les stratégies française et allemande.

Cet équilibre devrait notamment se traduire par un travail pour que l’hydrogène bas-carbone « puisse être pris en compte dans les objectifs de décarbonation fixés sur le plan européen tout en restant conscients des différences existantes et en préservant le niveau d’ambition global des objectifs en matière d’énergies renouvelables ». Cette reconnaissance du rôle de l’hydrogène bas-carbone, notamment produit à partir d’électricité nucléaire et/ou du réseau électrique décarboné, est une demande structurante pour le Gouvernement français et la réalisation de la stratégie hydrogène nationale. En parallèle, la France s’engage à déployer les mesures nécessaires pour que les hydrogénoducs passant sur son territoire soient étendus et connectés à l’Allemagne.

Pour faire aboutir l’ensemble de ces sujets, la mise en place d’un groupe de travail « de haut niveau » sur l’hydrogène est prévue, entre le ministère français de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires et le ministère allemand fédéral de l’Économie et de la Protection du climat. Ce groupe de travail conjoint devra remettre ses « conclusions et recommandations relatives aux choix stratégiques en matière de développement de l’hydrogène », d’ici fin avril 2023.

Une collaboration industrielle « au sein de la coopération énergétique en mer du Nord pour que le potentiel éolien marin en mer du Nord puisse devenir un pilier pour des prix de l’électricité compétitifs et pour la production d’hydrogène », est également prévue.

Par ailleurs, sur la mobilité, les deux Etats s’engagent à créer une « plateforme de dialogue franco-allemande portant sur les infrastructures en matière de recharge des batteries et de ravitaillement en hydrogène ».

Enfin, la France et l’Allemagne réaffirment leur volonté commune d’avancer sur la réforme du marché de l’électricité, et la simplification de l’encadrement des aides d’Etat, ainsi que leur intérêt pour la proposition attendue de la Commission européenne de « stratégie européenne pour dynamiser la compétitivité et la productivité ». Cette stratégie comprendrait notamment un acte législatif sur le développement de l’industrie nécessaire à l’atteinte de la neutralité carbone, embarquant la chaîne de valeur hydrogène, et peut-être la création d’un Fonds de souveraineté européen.

Philippe Boucly Président de France Hydrogène
Cette déclaration entre les deux premières puissances européennes constitue un signal majeur. Nos stratégies énergétiques et hydrogène répondent à des situations nationales distinctes, et doivent être vues comme complémentaires pour relever un défi immense : atteindre la neutralité carbone et sécuriser notre approvisionnement énergétique, au plus vite. La prise en compte de l’hydrogène bas-carbone – nomment produit grâce à un mix électrique basé sur le nucléaire et les renouvelables – dans les cibles d’utilisation d’hydrogène, doit désormais se traduire dans les textes européens. Nous aurons alors toutes les cartes en main pour finaliser le cadre réglementaire relatif à l’hydrogène et pour que les acteurs industriels français et allemands prennent rapidement les décisions finales d’investissement afin d’atteindre impérativement les objectifs de décarbonation et de réindustrialisation.
Valérie Bouillon-Delporte Première Vice-Présidente de France Hydrogène et Présidente de France Hydrogène Mobilité
Mener une planification transfrontalière coordonnée sur le déploiement des infrastructures de recharge électrique et de ravitaillement en hydrogène, sera clé pour la réussite de la mobilité zéro-émission. La filière hydrogène française se tient prête à contribuer à ce travail essentiel avec l’Allemagne, en s’appuyant particulièrement sur la modélisation du déploiement des infrastructures de ravitaillement hydrogène menée avec la Plateforme Française Automobile et l’IRT SystemsX, dont nous dévoilerons les résultats le 1er février.