La guerre en Ukraine donne des ailes aux promoteurs de l’hydrogène vert, qui pourrait aider l’Union européenne à réduire sa dépendance énergétique.

Il y a des signes qui ne trompent pas. Dans des conditions de marché dégradées, deux des plus grosses introductions en Bourse européennes du premier semestre sont venues d’un seul secteur. Les spécialistes de l’hydrogène vert De Nora et Lhyfe ont levé respectivement 200 et 110 millions d’euros en juin dernier.

Le dihydrogène, de son vrai nom, intéresse les industriels pour sa capacité à produire de l’énergie sans émettre autre chose que de la vapeur d’eau. Son exploitation par la méthode traditionnelle fait toutefois face à un important écueil : elle est très émettrice de carbone. «La production d’une tonne d’hydrogène par vaporeformage du gaz naturel émet environ dix tonnes de CO2», indique Alena Fargère, directrice de participations chez Swen Capital Partners et experte en gaz chez UN ECE. L’autre technique, qui attire toutes les convoitises, vise à casser les molécules d’eau pour obtenir de l’hydrogène et de l’oxygène. Elle nécessite l’utilisation d’un équipement particulier, l’électrolyseur, et d’une grande quantité d’électricité. Si celle-ci est produite de manière renouvelable, l’hydrogène sera considéré comme «vert», contrairement à son équivalent dit «gris» produit à partir de gaz et «qui représente aujourd’hui 95% du marché», précise Alena Fargère.